
Né à Paris de parents russes, André Hofmann dit SADKO (1945-2016) se définissait comme un « Russe de Paris ». C’est auprès d’autres « Russes de Paris » comme le sculpteur Zadkine et le peintre Georges Annenkov qu’il se forme. Pendant plus de trente ans, il développe un univers artistique qui lui est propre, inspiré de l’écologie au moment où ce mot ne possédait pas encore la résonance acquise aujourd’hui.
Un personnage – vous, moi, lui ou elle – l’habite. Ce personnage évolue dans des environnements qui dépassent largement sa mesure, mais auxquels il donne un sens et une âme.
Il est au sommet d’un cercle fait d’une racine ou d’interminables échelles, tel un ambassadeur, porteur de message du Ciel à la Terre, ou plutôt le contraire, précise Sadko, persuadé que c’est l’Homme, dans une recherche d’idéal, qui a créé Dieu. Il apparaît aussi, debout, au sommet de longues tiges, en expectative et en contemplation. La patine du bronze évoquant la moisissure des arbres et l’argile humide renforce son appartenance à la Terre tandis que son ascension le projette vers le Ciel, telle la flamme du cierge brillant dans les cathédrales. Il navigue aussi dans l’espace, dans des peintures minimales, triomphant dans son apesanteur. Cet univers spiritualisé et poétique est signe d’élévation.
Sadko a exposé régulièrement depuis 1986 en France et à l’étranger, notamment en Russie. En bronze, parfois associées à d’autres matériaux, ses sculptures nous font parcourir avec poésie et spiritualité la trace de l’homme dans l’univers. Sadko a transposé certaines de ses sculptures en sculptures-bijoux. Il a également réalisé plusieurs œuvres monumentales ainsi qu’à partir des années 2000 des tableaux sur plexiglas et par la suite sur toile.
Ses œuvres sont présentes dans de nombreuses collections privées, en France, en Angleterre, Allemagne, Belgique, Danemark, Italie, Maroc, Suisse et aux USA. Elles se trouvent dans les collections publiques suivantes : Ville de Paris, Puteaux, Digne-les-Bains, Bibliothèque nationale de France, musée de l’Ermitage et musée russe de Saint-Pétersbourg.
Publications : catalogue de l’exposition hommage L’arpenteur du ciel, Galerie Insula, 2021, avec un texte de Lydia Harambourg portant un regard sur tout le parcours de Sadko, sur l’évolution de son travail de ses débuts à la fin ; Une si belle matière, avec des poèmes de Michel Bohbot, 2001 et Promenades avec des poèmes de Michel Bohbot et un texte de Robert Fajon, 1999, éd. Galerie de Buci.
Dans sa forme, de même que dans sa substance, l'oeuvre de Sadko peut être qualifiée de purement poétique. Ses sculptures, légères et aériennes, telles des traits de dessins libérés de leur support et livrés aux vents, ressemblent à des pensées. L'Homme, face à son destin et dans son rapport avec l'univers et la nature, est le sujet principal et obsessionnel de son œuvre. Wanderer, il arpente l'horizon, les cimes des arbres, emportant son sac de rêves, de réflexions et de souvenirs, éternel messager. Mariam Hofmann
