Textes et articles de presse
Sadko par Véronique Cochois
Silencieusement et imperceptiblement ses œuvres instaurent un dialogue avec l’originel et l’essentiel, dans un langage épuré et poétique qui interroge le passage du temps et notre présence au monde. Son cheminement artistique nous transporte dans cette vitalité originelle qui résonne comme une ode élémentaire, un chant premier.
Journal Collect, avril 2013
Sur l’exposition « Variations », Galerie Saint-Rémy, Liège
Sadko présente, quant à lui, des personnages déambulant en équilibre. Des bronzes d’une précision chirurgicale et d’une poésie calligraphique. Des personnages, entre ciel et terre, soustraits à la pesanteur et qui évoluent dans des environnements qui dépassent largement sa mesure, mais auxquels il donne un sens et une âme. Des funambules parcourant des voies aux lignes fuyantes ou navigant dans des espaces ouverts et mouvants. (gg)
Lydia Harambourg, La gazette de l’Hôtel Drouot, n°40, 19 nov. 2010
Sur l’exposition « Séquences », Galerie de Buci, Paris
Sadko confronte ses personnages au vide de l’espace.
Son humanité s’est affranchie de la planéité du mur pour affronter la démesure du monde, face à son destin. C’est en funambule que l’homme arpente ramures et racines d’arbres, symboles de l’univers. L’idée d’équilibre est constante dans une thématique du dédoublement. Modelées dans la cire puis fondues dans le bronze, ses sculptures dialoguent avec l’ombre qu’elles projettent.
Sadko pour son exposition « Séquences »
2010, Galerie de Buci, Paris
Les SÉQUENCES sont celles de nos parcours sur cette terre. On y retrouve mes personnages, fragiles et solides à la fois, qui humanisent l’espace alentour et lui donnent sa dimension, démesurée par rapport à eux-mêmes, comme il l’est par rapport à nous.
Ils cheminent au sommet des ramures, voguent dans des univers aériens. Une spiritualité et une émotion poétique ressortent de cette présence humaine engagée dans le parcours de voies fuyantes ou interrompues comme les nôtres.
Sadko par Anne Filhol
C’est toujours un moment magique car ces œuvres interpellent, touchent l’âme de celui qui y pose son regard.
Voyage vers l’infini et voyage intérieur
Plénitude de l’âme qui se laisse emporter
Pierre solaire à nos pas de troubadour
Aube mystérieuse à nos vies suspendues…
Oui j’aime ces moments de partage car nous parlons la même langue… n’est-ce pas ?


Claudine Danilo pour l’exposition « Élévations »
2009, Galerie de Buci, Paris
L’ÉLÉVATION traverse l’œuvre de Sadko
Élévation de ses personnages en attente, soustraits à la pesanteur, spectateurs embrassant l’espace, ambassadeurs de la Terre au Ciel ou du Ciel à la Terre.
Élévation de ses promeneurs, déambulant en équilibre sur la calligraphie de bronze de ses sculptures.
Élévation de ses funambules parcourant des voies aux lignes fuyantes ou naviguant dans des espaces ouverts et mouvants.
Interview
« L’art en dialogue » par Carla Van der Rohe
La Feuille, novembre 2008
Sadko, nous avons évoqué lors de notre dernière rencontre et le mythe de la caverne de Platon, et la Bible avec le Calvaire et la Crucifixion, et le Divin comme principes intellectuellement établis qui permettent de tendre à une définition plausible de la création. Revenons sur ce dialogue par écrit.
Sadko : Je me suis référé au divin en effet, parce que tous nos gestes sont tendus par deux pôles opposés : la terre et l’air, le poids et l’apesanteur, le plein et le vide, le matériel et le divin.
Aujourd’hui, le matériel domine, dans les médias, dans la consommation, dans l’apparence, sur les stands des salons d’art contemporain livrés aux gadgets, sur le marché de l’art dévolu à la spéculation. Il est concret, immédiatement assimilable, il fait plaisir, il flatte les sens, et il peut être expliqué, commenté.
Lydia Harambourg, La gazette de l’Hôtel Drouot, n°38, 2 nov. 2007
Sur l’exposition « En toute transparence », Galerie de Buci, Paris

L’exposition intitulée « En toute transparence » présente les sculptures récentes, ainsi que les nouvelles recherches de transparence sur plexiglas peint. Les œuvres récentes de Sadko approfondissent leur relation à l’apesanteur, ce qui, pour un sculpteur, est un défi ouvertement revendiqué. L’artiste l’assume en le relevant spectaculairement. Il y parvient en questionnant l’espace autrement.
Sadko au Musée Anna Akhmatova
2007, Saint-Pétersbourg
Avec cette exposition au musée dédié à la grande poétesse russe Anna Akhmatova, sur les rives du canal de la Fontanka, Sadko retrouve, en compagnie de son frère Vlad, le cadre de Saint-Pétersbourg, la ville de ses ancêtres.
Dans la grande salle réservée aux expositions d’art contemporain, il expose une rétrospective d’œuvres réalisées au cours des dix dernières années, ainsi que des créations nouvelles : sculptures au sol – les Cercles, les Échelles, les Attentes et les Ambassadeurs ; sculptures murales – les Promenades, les Couples ; et aussi ses Transparences, sur des supports transparents en plexiglas, dans lesquelles se concrétisent désormais ses recherches de fusion entre la peinture, la gravure et la sculpture dans un espace dominé par la légèreté et la virtualité des ombres projetées sur les murs.
L’exposition est réalisée en coordination avec le Centre Culturel Français de Saint-Pétersbourg.


Le Journal du Sud-Ouest, 27 juillet 2006
Sur l’exposition « Promenades intérieures », Musée de Guéthary
[…] Après avoir appris le travail du marbre en Italie, il s’initie à d’autres matériaux comme le bois, le métal découpé ou encore le bronze, « matière idéale pour travailler dans l’espace ».Cette notion est au centre de son œuvre où l’absence de matière joue un rôle important. « Le vide l’emporte sur le plein », dit-il. Associant sculpture, gravure et couleurs en transparence, Sadko imagine des personnages suspendus entre ciel et terre. L’ombre de leurs silhouettes est ainsi projetée sur le mur, « créant un mode de rêve, de poésie et de spiritualité ».
Alexandre de La Cerda, La Semaine du Pays Basque, 20-26 juillet 2006
Sur l’exposition « Promenades intérieures », Musée de Guéthary
L’équipe qui remplace au Musée de Guéthary l’ancien conservateur Jean-François Larralde a eu la main heureuse en faisant venir de Paris, pour son exposition de l’été, « Sadko » et « Vlad ». Les deux frères jumeaux sculpteurs dont l’origine russe « blanche » n’est d’ailleurs pas le seul point d’analogie qui ferait penser aux frères Grichka et Igor Bogdanov ayant illustré les programmes scientifiques sur le petit écran.
Tous deux se sont d’abord éveillés à la création artistique auprès de leur grand-mère et tante Maria Gromtseff, en façonnant avec de la pâte à modeler des petits personnages d’après les costumes qu’elle fabriquait pour l’opéra, le théâtre ou le cinéma. Ils rencontrèrent chez elle Youri Annenkoff qui s’amusait de les voir copier ses maquettes et dont ils devinrent les élèves : dans ce fantastique tourbillon des arts qu’avait engendré l’apport à la France des meilleurs talents russes fuyant l’horreur de la révolution communiste de 1917, ce peintre portraitiste et écrivain, collaborait précisément à un film sur Modigliani.
Lydia Harambourg, La Gazette de l’Hôtel Drouot, juin 2006
Sur l’exposition « Envols et Apnées », Galerie de Buci, Paris

Quels sont ces petits personnages perdus dans l’espace qu’ils tentent de conquérir ? Funambules, ils avancent sur des ramures d’arbres ou bien se sont arrêtés sur les barreaux d’un échelle, assis entre ciel et terre. Leur ombre portée finit de les fondre dans un anonymat qui renforce l’idée de permanence et d’intemporalité, aussi aléatoire que leur trajectoire. Pétris dans la cire avant d’être fondus, ils attestent une apparente fragilité dans un hiératisme questionnant la démesure de l’univers.
[…] le sculpteur a passé une partie de sa vie en Toscane, à Carrare. C’est bien évidemment le marbre qui retenait toute son attention à cette époque. « Plus le temps passait, et plus mon travail évoluait et s’affinait. D’un bloc de marbre d’un mètre cube pesant plus de trois tonnes au départ, il ne restait plus que 15 % lorsque j’en avais fini », indique le sculpteur qui comprend alors qu’il a fait le tour de la question avec ce matériau. Il s’intéresse alors au bois, puis l’associe au métal pour finalement se consacrer exclusivement au bronze, un matériau « solide et pérenne, souple et qui peut prendre toutes les formes. C’est devenu ma forme d’expression idéale », commente l’artiste.
Lydia Harambourg, La Gazette de l’Hôtel Drouot, juin 2004
Sur l’exposition « Plus loin », Galerie de Buci, Paris
Sadko le double équilibre
Les petits personnages de bronze du sculpteur Sadko poursuivent leur chemin. Acrobates de la vie, ils pratiquent l’équilibre comme on joue à saute-mouton. Sur la tranche d’une sphère évidée, roue de la fortune, roue de la vie sans commencement ni fin, sur un fragment de cercle ouvert sur l’espace, sur une branche coupée, ils remontent le fil d’une trajectoire. L’issue de leur voyage se perd dans le rêve poursuivi.
J.G. – A., Le Monde du Médecin, juin 2000
Sur l’exposition « Promenade », Galerie de Buci, Paris
Sadko ou la relation de l’homme avec l’univers
La Galerie de Buci présente au 73, rue de Seine dans le 6ème arrondissement de Paris, « Promenades », les toutes dernières œuvres de Sadko, sculpteur. On eut dit que la Petite Place signée Alberto Giacometti et nichée à la Fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence, était érigée pour indiquer au sculpteur la voie ascendante où se prolongera sa « promenade ».
Les bronzes de Sadko
Par Robert Fajon, 1999
in catalogue « Promenades »
éd. Galerie de Buci
On leur attribuerait des senteurs d’argile, d’humus et de bois vert, histoire de nous rappeler notre appartenance à cette terre, et notre place dans l’univers.
Ils témoignent d’une conscience profonde de ces choses, d’une douceur, d’une soif de paix, qui sont, sans nul doute, celles de leur auteur, et qu’il entend nous offrir en partage.
Ses petits personnages, « solides et cependant fragiles… sereins et pensifs » comme l’a précisé fort justement Maxime Dole, sont tous semblables ; non identiques. Ils sont vous, moi, tout homme sur terre.
Modelés sans inutiles détails (la mutilation elle-même de l’un des « justes » est signalée de façon retenue, discrète), mais avec une évidente émotion, une évidente tendresse pour cette enveloppe corporelle, porteuse d’une autre vie.
Ils sont toujours seuls. Toujours ; à l’exception des quatre hommes de la « Constellation » projetés hors du centre, par une force centrifuge, dessaisis de leur pesanteur.
Face à leur vie, à leur destin.
Face à leur conscience plus encore.
Chaque voie est ténue, fragile, dès la naissance, et demeure hasardeuse sur le parcours ; faite de ruptures, de fragments raccordés, aux directions incertaines, en spirale aux franges déchirées…
Chacun pourtant s’y adapte sans désespérance, mesure son pas, trouve son point d’équilibre ; subtil, certes ; à la limite du déséquilibre, mais gagné ; au point de donner sens au tout.
L’aventure humaine.
Finalement longue et droite, in fine, pour « les justes », face à l’éternité.
Ils ont évité toute gesticulation inutile, toute précipitation inconséquente, toute agitation ; les bras collés au corps, même dans la marche, dressés sur la pointe des pieds (élévation), les mains rapprochées à mi-corps (intériorisation, scrutation du charnel, des profondeurs obscures) bras légèrement courbes, écartés (ouverture, disponibilité, confiance), bras et jambes écartés (dessaisissement, abandon), autant de choses qui nous renvoient aux symboles du temps des cathédrales.
